La perception du chien chez les Anciens

La perception du chien par les Anciens

Le chien chez les Gréco-Romains

D’une part le chien était, dans l’Antiquité déjà, adoré voire adulé par certains. Il existe tout d’abord de nombreux témoignages de la domestication du chien dans la littérature gréco-romaine à commencer par Argos, le chien d’Ulysse, qui est le seul à reconnaître son maître à son retour de Troie. Homère utilise l’expression « cœur qui aboie comme une chienne dont on aurait attaqué les petits » pour décrire le cœur d’Ulysse : la chienne est ici l’image de l’amour maternel. Le chien est aussi un excellent gardien : dans sa République, Platon en fait le gardien de la cité. Ambroise de Milan nous rapporte par ailleurs, sur le ton de la moquerie, que des maîtres s’appliquaient à dresser des généalogies de leurs chiens et fêtaient leurs anniversaires. Certaines personnes enterraient également leurs chiens, voire se faisaient enterrer avec eux…

D’autre part, comme au Proche-Orient, le chien était perçu négativement en raison de son manque d’hygiène. On le soupçonnait aussi de transmettre la rage. Dans l’Iliade, « chien » est une insulte employée par Achille à l’adresse d’Hector.

Chien, animal familier, proche de l’homme. Emblema de mosaïque, IIe siècle avant J.-C., Alexandrie.

 

Le chien au Proche-Orient 

Bien qu’il rende des services aux hommes en tant que gardien et qu’il soit l’incarnation de la fidélité, la perception que les Orientaux avaient du chien reste globalement négative.

Une inscription de Sennachérib commémorant la reconstruction de l’Ehursagkurkura d’Assur montre bien quel était le rôle du chien : « À droite et à gauche de la porte, un chien furieux et un homme-scorpion supportaient le système de fermeture ». C’est donc un gardien qui défend le territoire qui lui est assigné ou le troupeau des prédateurs potentiels.

On loue aussi sa fidélité. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’expression « Je suis un chien du prince héritier, qui (me tiens) sur le seuil de ta maison » ou la déclaration des habitants de Kissik, qui  n’hésitent pas à se proclamer « les chiens du roi », Assurbanipal.

Chien « gardien » au Proche-Orient. Mastiff en terre cuite, civilisation kassite, milieu du IIe millénaire avant J.-C., Metropolitan Museum, inv. 1989.233.

Cette fidélité se double parfois d’une connotation de flatterie, comme dans une lettre adressée à un certain Tutu : « Ayant saisi comme un courtisan le bord de ton vêtement, je gambade derrière toi comme un chiot, ô Tutu ! »

Malgré cela, le chien avait la réputation de se complaire dans la saleté et de dévorer les cadavres. « Être livré aux chiens » est une imprécation qu’on trouve régulièrement dans les textes babyloniens à l’adresse des ennemis.

L’expression « traiter comme un chien » est déjà bien connue… signe qu’on ne leur réservait pas que de bons traitements.