Sentiment d’empathie

Sentiment d’empathie envers les animaux dans l’Antiquité

Dès l’Antiquité, nombreux sont les témoignages de toutes sortes qui montrent que si les animaux étaient des bêtes de somme, leurs propriétaires n’en éprouvaient pas moins pour eux des sentiments de sollicitude et veillaient à leur bien-être.

En Méditerranée, certains petits propriétaires vivaient dans des conditions difficiles. Leurs animaux n’échappaient pas à ces difficultés : le manque de nourriture et les maladies diverses étaient leur lot quotidien. Certaines lettres conservées sur papyrus, trouvées en Égypte et datant d’une période comprise entre le IVe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle après J.-C. témoignent des préoccupations quotidiennes des propriétaires, lorsqu’ils étaient loin de chez eux et avaient confié leurs animaux à des tiers.

Ainsi, certains propriétaires encouragent-ils leur femme ou leur métayer à ne pas exiger trop d’une bête fourbue : « Quant aux bœufs, ne les néglige pas et ne les accable pas de travail, car tu sais, toi aussi, qu’ils sont mal nourris ».

Ou bien, dans une lettre Lucius Bellénus Gémellus (Ier siècle de notre ère), sermonne-t-il son neveu qu’il tient pour responsable de la mort de ses petits cochons : « Lucius Bellenus Gemellus à son cher Epagathos, salut. Je te blâme grandement : tu as fait périr deux porcelets en les fatiguant à les faire trotter, alors que tu avais au village dix bêtes de somme capables de travailler. Héraclidas, l’ânier, a fait cette accusation, en disant que c’est toi qui lui avais dit de conduire les cochons à pied ».

Autre expression d’une forme d’empathie, ce post-scriptum d’une lettre d’un petit garçon à son père : « N’oubliez pas nos colombes » : dans sa simplicité, ce petit rappel en dit long sur les liens d’affection qui l’unissent à ses oiseaux familiers.

Lien humains / oiseaux (colombes). Stèle funéraire d’une petite fille, marbre, milieu du IVe siècle avant J.-C., Metropolitan Museum, inv. 27.45

Cette sollicitude s’exprime aussi dans les prières d’appel de la sollicitude divine sur les animaux, qui se manifestent au travers des ex-votos animaliers qui étaient offerts dans les sanctuaires.

Traductions des lettres : Cl. Gorteman, « Sollicitude et amour pour les animaux dans l’Égypte gréco-romaine », ChrE 32 (1957), p. 101-120.

Le bon pasteur